. . . Comme le premier jour, je decide de faire en sorte d'arriver tot a destination et pars donc des les premieres lueurs du jour, aux alentours de 15 heures. Confiant (naif?), je suis le premier panneau venu indiquant une autoroute, qui s'avere - mais bien tard - etre celle de Hambourg, quasiment le chemin pour retourner au Danemark. Plutot que de revenir dans le centre ville, j'essaye de couper par ce que je pense etre la banlieue de Berlin, en fait plutot le debut de la cambrousse. Comme a chaque fois que je suis perdu dans un endroit civilise sans carte, je me fie aux plans d'abribus pour retrouver mon chemin; l'inconvenient c'est que ca manque un peu de vue d'ensemble, donc je suis des routes qui ne sont pas vraiment des nationales...
. . . Ayant retrouve mon chemin mais perdu une heure, je decide d'entrer en Pologne vers Szczecin, optant pour une route pres de la cote plutot qu'au milieu des terres, avec le vague espoir d'apercevoir la mer ou de sentir les embruns a un moment ou un autre. Je fete comme au Danemark mon entree dans un pays inconnu de quelques joyeux coups de klaxon et deux ou trois zig-zags.
. . . Malheureusement pour moi, aux abords de la ville trop de routes se croisent et trop peu de panneaux indiquent, donc j'arrive a finir grosso modo dans la bonne direction mais pas vraiment sur la bonne route.
. . . Je profite de cette visite de la campagne polonaise pour decouvrir la conduite locale. Si les Allemands font peu de cas des limitations de vitesses, au moins les lignes ils savent ce que ca veut dire, alors que les Polonais, pas trop trop. Sur toute route a deux voies, ils se sentent autorises a depasser en utilisant la voie d'en face en quasiment toute circonstance ne menacant pas directement leur vie. L'innocent voyageur (surtout moi mais aussi occasionnellement certains autochtones peu presses) roulant a un malheureux 100 sur une route naivement limitee a 70 a souvent interet a se rabattre sur la bande d'arret d'urgence pour laisser passer ceux de derriere, qui sinon trepignent d'impatience en tentant de deboiter a la moindre occasion. Ca veut aussi dire qu'il faut surveiller regulierement son retro, sous peine de se faire surprendre trop souvent par des voitures jaillissant de l'angle mort sans prevenir. Bref, pas de quoi s'ennuyer.
. . . Au fur et a mesure du chemin, un doute grandit en moi et mon ame en tressaille: suis-je sur la bonne route? Le coin regorge de panneaux annoncant le moindre patelin, mais pour ce qui est grandes directions et stations services, zero. Je finis par demander a un tricycli
ste errant au bord de la route, et obligemment il m'indique que pour aller Gdansk, c'est la d'ou je viens, j'ai du louper un embranchement. Bon.
. . . Je rebrousse donc chemin, mais par mesure de precaution je m'arrete au village suivant (environ a peu pres exactement sept maisons) pour me faire confirmer tout ca. On m'indique c'est a droite mais aussi a gauche, c'est comme je veux, les deux chemins c'est pareil, mais a droite c'est mieux (comme disait le tricycliste). Un peu dubitatif, j'en profite tout de meme pour faire part de mon inquietude concernant mon reservoir bientot vide. Le chemin de droite gagne des points, il faut que je le prenne pour aller a Goleniów (que j'entends a peu pres "Goléniouf") ou sans aucun doute je trouverai une station.
. . . A Goleniow donc, je trouve mon bonheur et en profite meme pour faire une petite halte pour visiter l'eglise. J'y surpends une trentaine de fideles attendant manifestement que la messe commence, et je decide de rester discretement au fond pour voir au moins le debut. Je m'eclipse apres quelques cantiques (avec choristes) et reprends la route sous un soleil bien trop bas a mon gout. Enfin revenu sur une route plus large et indiquant clairement Gdansk avec la distance restante, et je peux me rendre compte qu'il y a peu de chance que j'y arrive.
. . . Avec le soir et comme en Allemagne arrivent des cohortes d'insectes qui viennent gaiement se fracasser sur mon casque, m'obligeant a un nettoyage regulier sous peine de voir la vie en vert. La suite confirme ma premiere impression, je ne roule pas assez vite pour arriver a une heure decente a Gdansk, donc je me mets a regarder ca et la s'il n'y a pas un co
in de foret bucolique qui pourrait m'accueillir pour la nuit. Malheureusement, les alentours c'est surtout des champs et des petits bosquets, et puis de toute facon il fait pas tres chaud, ca ne me fait pas specialement rever de passer la nuit dehors.
. . . Vaincu par le froid, je finis vers minuit par decider de piquer un petit roupillon dans une station service en attendant le jour. J'en choisis une ouverte toute la nuit, y entre avec mon air le plus innocent du monde, flane un peu dans les rayons pour passer pour un inoffensif client, puis une fois la mefiance des vendeurs endormie, je passe a l'attaque: j'achete un truc a grignoter et vais le deguster au fond de la station, attable avec un livre a la main. Apres une dizaine de minutes, je m'endors comme je peux sur ma chaise. Je me reveille certes toutes les demi-heures a cause de l'inconfort et des clients, mais au moins je peux constater que les vendeurs ne manifestent pas la moindre intention de me mettre a la porte.
. . . J'arrive le lendemain en fin de matinee a Gdansk, et moi qui y allais juste pour l'interet historique et attendais un turc genre beton-chantiers navals-solidarnosc, je decouvre la vieille ville hanseatique en briques, pleine d'eglises. C'est un regal pour le promeneur, mais on y croise beaucoup de groupes de touristes - dont enormement d'Allemands, qui sont apparemment venus reconquerir Danzig par la maniere douce.
. . . Ayant retrouve mon chemin mais perdu une heure, je decide d'entrer en Pologne vers Szczecin, optant pour une route pres de la cote plutot qu'au milieu des terres, avec le vague espoir d'apercevoir la mer ou de sentir les embruns a un moment ou un autre. Je fete comme au Danemark mon entree dans un pays inconnu de quelques joyeux coups de klaxon et deux ou trois zig-zags.
. . . Malheureusement pour moi, aux abords de la ville trop de routes se croisent et trop peu de panneaux indiquent, donc j'arrive a finir grosso modo dans la bonne direction mais pas vraiment sur la bonne route.
. . . Je profite de cette visite de la campagne polonaise pour decouvrir la conduite locale. Si les Allemands font peu de cas des limitations de vitesses, au moins les lignes ils savent ce que ca veut dire, alors que les Polonais, pas trop trop. Sur toute route a deux voies, ils se sentent autorises a depasser en utilisant la voie d'en face en quasiment toute circonstance ne menacant pas directement leur vie. L'innocent voyageur (surtout moi mais aussi occasionnellement certains autochtones peu presses) roulant a un malheureux 100 sur une route naivement limitee a 70 a souvent interet a se rabattre sur la bande d'arret d'urgence pour laisser passer ceux de derriere, qui sinon trepignent d'impatience en tentant de deboiter a la moindre occasion. Ca veut aussi dire qu'il faut surveiller regulierement son retro, sous peine de se faire surprendre trop souvent par des voitures jaillissant de l'angle mort sans prevenir. Bref, pas de quoi s'ennuyer.
. . . Au fur et a mesure du chemin, un doute grandit en moi et mon ame en tressaille: suis-je sur la bonne route? Le coin regorge de panneaux annoncant le moindre patelin, mais pour ce qui est grandes directions et stations services, zero. Je finis par demander a un tricycli
ste errant au bord de la route, et obligemment il m'indique que pour aller Gdansk, c'est la d'ou je viens, j'ai du louper un embranchement. Bon.. . . Je rebrousse donc chemin, mais par mesure de precaution je m'arrete au village suivant (environ a peu pres exactement sept maisons) pour me faire confirmer tout ca. On m'indique c'est a droite mais aussi a gauche, c'est comme je veux, les deux chemins c'est pareil, mais a droite c'est mieux (comme disait le tricycliste). Un peu dubitatif, j'en profite tout de meme pour faire part de mon inquietude concernant mon reservoir bientot vide. Le chemin de droite gagne des points, il faut que je le prenne pour aller a Goleniów (que j'entends a peu pres "Goléniouf") ou sans aucun doute je trouverai une station.
. . . A Goleniow donc, je trouve mon bonheur et en profite meme pour faire une petite halte pour visiter l'eglise. J'y surpends une trentaine de fideles attendant manifestement que la messe commence, et je decide de rester discretement au fond pour voir au moins le debut. Je m'eclipse apres quelques cantiques (avec choristes) et reprends la route sous un soleil bien trop bas a mon gout. Enfin revenu sur une route plus large et indiquant clairement Gdansk avec la distance restante, et je peux me rendre compte qu'il y a peu de chance que j'y arrive.
. . . Avec le soir et comme en Allemagne arrivent des cohortes d'insectes qui viennent gaiement se fracasser sur mon casque, m'obligeant a un nettoyage regulier sous peine de voir la vie en vert. La suite confirme ma premiere impression, je ne roule pas assez vite pour arriver a une heure decente a Gdansk, donc je me mets a regarder ca et la s'il n'y a pas un co
in de foret bucolique qui pourrait m'accueillir pour la nuit. Malheureusement, les alentours c'est surtout des champs et des petits bosquets, et puis de toute facon il fait pas tres chaud, ca ne me fait pas specialement rever de passer la nuit dehors.. . . Vaincu par le froid, je finis vers minuit par decider de piquer un petit roupillon dans une station service en attendant le jour. J'en choisis une ouverte toute la nuit, y entre avec mon air le plus innocent du monde, flane un peu dans les rayons pour passer pour un inoffensif client, puis une fois la mefiance des vendeurs endormie, je passe a l'attaque: j'achete un truc a grignoter et vais le deguster au fond de la station, attable avec un livre a la main. Apres une dizaine de minutes, je m'endors comme je peux sur ma chaise. Je me reveille certes toutes les demi-heures a cause de l'inconfort et des clients, mais au moins je peux constater que les vendeurs ne manifestent pas la moindre intention de me mettre a la porte.
. . . J'arrive le lendemain en fin de matinee a Gdansk, et moi qui y allais juste pour l'interet historique et attendais un turc genre beton-chantiers navals-solidarnosc, je decouvre la vieille ville hanseatique en briques, pleine d'eglises. C'est un regal pour le promeneur, mais on y croise beaucoup de groupes de touristes - dont enormement d'Allemands, qui sont apparemment venus reconquerir Danzig par la maniere douce.


