mercredi 9 juillet 2008

Tachkent

Un peu plus dispos le lendemain matin, je peux filer vers la frontiere. Au poste de douane, situe sur la route principale a vingt-cinq petits kilometres de Tachkent, on m'apprend que le passage est impossible pour les vehicules et les etrangers, donc les etrangers sur un vehicule peuvent completement oublier. Les douaniers m'expliquent gentiment qu'il faut que j'aille a Yallama pour passer. Je me renseigne un peu, c'est a 80 bornes, docn ca me fait un detour de 160 contre 25 sur la route normal. J'insiste un peu pour voir s'ils veulent vraiment pas me laisser passer, une moto c'est tout petit, rien a voir avec un camion, ils peuvent bien en laisser une par mois, non? Non. Apparemment le cote kazakh est en travaux pour encore un an, ils n'ont pas les tampons ou je sais pas quoi, donc les douaniers me repondent que oui oui, j'ai bien gagne un bonus de 150 km.

Au poste frontiere, je suis presque seul mais il me faut trois heures pour passer, ca reste dans la norme de ce que j'ai eu jusqu'a present. Il faut entrer sans la moto, faire tamponner des papiers, rerentrer avec la moto, verifier les bagages, refaire des tampons, etc. Les kazakhs hors des bureaux (gardes-barriere, etc) essaient tous de me soutirer de l'argent, mais quelques minutes a les regarder en leur montrant que je n'ai aucune intention de payer suffit a les faire abandonner. C'est la premiere fois que j'aurai eu affaire a des policiers un peu gourmands.

Une fois la frontiere passee, je suis frappe par le changement de paysage, aux grands espaces peles succedent des collines assez verdoyantes et cultivees, avec un faux air de Provence ou de Toscane. Les carioles tirees par des anes ne font que renforcer l'impression. A Tachkent, c'est le retour a la civilisation, je me remets a croiser plein de voyageurs, dont beaucoup parlent francais. Tachkent (et Bichkek, a ce qu'on m'en dit) sont devenus des anti-chambres de la Chine, remplis de voyageurs venus de divers endroit et comparant leurs experiences et leurs malheurs dans leurs tentatives d'obtention de visas.

Je m'y repose quelques jours, et y fais faire mon visa afghan (c'est pas vraiment la foule a l'ambassade, c'est rare...) en essayant d'echapper a Ali, tenancier de la guest house, qui ne rate pas une occasion d'inviter les malheureux qui lui tombent sous la main a boire de la vodka ouzbeke (tout aussi decapante que la vodka kazakhe) et de la biere a 12 degres. Il est certes tres drole et sympathique, mais une fois qu'on est pris au piege, ca peut durer des heures, et surtout ca peut arriver aussi bien le soir en aperitif (ca va) que le matin pour le petit dejeuner (ca va deja moins).

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