Ayant abandonne toute idee de faire rentrer le moto, je remonte vers Mazar pour profiter de mes derniers jours de visa ouzbek pour aller au Tadjikistan. Je passe deux nuits chez les Australiens qui m'avaient pris dans leur voiture a mon arrivee dans le pays. Je visite le mausolee d'Ali, lieu saint de l'Islan, les gens ici disent que si on ne peut pas faire son pelerinage a la Mecque (trop cher) on peut le faire ici. Barbu, habille en afghan, je tente d'entrer (c'est interdit aux non musulmans) discretement mais je pense qu'un regard coupable de trop lance au garde avec sa kalachnikov me trahit. Quand il me demande si je suis musulman, je prefere pas le malin et risquer de mefaire lapider, alors j'avoue que non et joue l'idio "ah desole je savais pas". Je reste un peu devant la porte histoire de voir s'il va pas me laisser rentrer par sollicitude, vu que j'ai fait des efforts capillo-vestimentaires, mais non, peine perdue.
Un mec qui etait devant m'accompagne alors que je vais m'asseoir a l'ombre, ecrase que je suis par le chaleur. Il me demande si je comprend le dari, je reponds qu'un peu (bonjour-merci-au revoir) mais il apparemment il comprend que beaucoup. Il me met a me raconter plein de trucs dont je ne saisis pas un traitre mot, mais ca a trait a l'Islam. J'ai le vague espoir qu'il essaie de m'apprendre deux ou trois phrases en arabe pour passer pour un musulman, mais il ya bien plus de chances qu'il soit en train de me dire a quel point l'islam c'est bien et que je devrais me convertir, en commencant par deux trois prieres et un bisou sur une image de la Kaaba la maintenant tout de suite. Apres avoir retrouver le courage de m'exposer au soleil, je rentre chez mes hotes me passer la tete sous le tuyau d'arrosage, y a plus que ca qui serve a quelque chose...
Apres une nuit ecourtee par la chaleur, je pars vers la frontiere en taxi collectif, avec une pointe d'apprehension quant a l'etat dans lequel je vais retrouver la moto. Apres tout, je l'ai laissee a un poste de douane afghan sans avoir en echange le moindre papier qui le prouve; la blague recurrente qu'on me fait depuis que je suis dans le pays c'est qu'au mieux je vais retrouver un velo (un cadre et des roues) au pire je decrouvrirai le plaisir des bus et des trains en Asie Centrale. J'ai dans le taxi un afghan qui a emigre aux US et est revenu voir la famille, qui me rassure en me disant qu'il connait le warlod du coin et que ca devrait pas trop etre un probleme, ils sont assez fiables, s'ils ont dit qu'ils me garderaient la moto ils em la garderont. Il ajoute: "T'as un papier, non?" Comme non, j'en ai pas, il fait fiouuuu d'un air pas vraiment rassurant et n'ajoute plus rien sur le sujet.
Finalement, j'ai tire le jackpot, la moto est intacte et je suis devenu une celebrite au poste de douane. Un mec sur deux me demande si elle est a moi, la moto qui traine la depuis quinze jours. Oui oui c'est moi-meme. Petite sceance de remerciements avec le chef douanier et mon nouveau pote comem traducteur, je suis content de retrouver la monture intacte et lui content que j'ai pu visiter le pays grace a la faveur qu'il m'avait faite de garder la moto, normalement ils font pas ca mais il a fait une exception.
Cote ouzbek, j'ai droit a la premiere vraie fouille de mes bagages depuis mon depart, meme si je leur explique que la moto a pas trop visite le pays, ils preferent verifier que je reviens pas avec quelques kilos d'opium et une ou deux kalachnikov en souvenir. Un douanier me sermonne plusieurs fois, demain est mon dernier jour de visa ouzbek, si j'ai pas deguerpi avant minuit je peux m'attendre a beaucoup de problemes. Je sais je sais, c'est pour ca que je reviens maintenant, pour avoir le temps de traverser vers le Tadjikistan.
jeudi 31 juillet 2008
Mazar-e-Charif
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