Malgre l'invitation, je ne m'arrete pas a Kizilorda, j'y suis tot dans la journee, j'ai le temps de pousser jusqu'a Turkestan, qui abrite le mausolee le plus fameux du pays. Il est effectivement pas mal, decore de brique emaillees bleu et turquoise, mais n'a jamais ete acheve donc la facade principale est restee nue. Pour visiter, j'avais laisser la moto a cote d'un batiment d'ou des mecs sont sortis en me demandant s'ils pouvaient faire un entrefilet sur moi dans le journal local. Je les laisse me prendre en photo avec ma fidele monture, leur donne mon nom et ma nationalite, ca leur suffit apparemment. Je sais pas trop ce qu'ils vont pouvoir raconter...
Juste a la sorte de la ville, mon pneu arriere joue une nouvelle fois les degonfles. Heureusement, il y a un garage a cinquante metres. On demonte la roue et mes soupcons sont confirmes, la reparation hative de mes djeunz d'Irgiz aura tenu 500 km... Je deviens comme d'habitude l'attraction de la journee, une dizaine d'employes du garage, de la station ou du cafe viennent me voir et me demander de raconter mon voyage. Le type qui me fait une belle rustine refuse net que je lui paye quoi que ce soit pour la reparation. Alors que j'allais partir, je suis presque force d'accepter une invitation a dejeuner. On me sert une assiette a soupe de pates, ble, oeufs et saucisse, que j'avale sans me faire prier. Tous les clients me regardent plus ou moins discretement, et a tour de role me posent des questions pour satisfaire la curiosite generale. Oui, je suis francais, je suis venu a moto par la Russie, j'ai 23 ans et je suis etudiant et non, je ne suis pas marie et je n'ai pas d'enfants, en France c'est normal a mon age. Je sentais le coup venir et je n'y echappe pas, impossible de payer mon repas, je n'arrive meme pas a savoir qui me l'a offert.
Depuis plusieurs jours il fait vraiment chaud, mais j'ai trop souffert du froid en Europe et craint la pluie au Kazakhstan pour pouvoir emettre la moindre plainte. Je ne sais pas si c'est la chaleur ou le repas, mais une heure apres mon depart de Turkestan, je suis pris de nausees et dois m'arreter dans la premiere station venue. Voyant que je ne suis pas au plus haut de ma forme, les employes me proposent une espece de lit qui fait office de canape, devant la station et a l'ombre. Ca s'ameliore un peu au debut, mais au final ca m'abat completement, je suis sasn forces et tous mes muscles me font mal, impossible de repartir. Heureusement mes hotes m'offrent un lit dans l'arriere cour de la station, que je partage pendant la soiree avec trois moutons qui seront heureusement rentrees pour la nuit, je craiganis deja de me faire reveiller en pleine nuit par une de ces charmantes bestioles me lechant l'oreille.
mardi 8 juillet 2008
Turkestan
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