. . . Je quitte Gdansk en debut d'apres-midi, en route vers Vilnius, et je me rends vite compte que je vais avoir du mal a eviter koleiny et conducteurs polonais, mais surtout que ce qui semble une autoroute sur ma mauvaise carte (une page de Lonely Planet) est au mieux une grosse route de campagne, sinueuse et de qualite douteuse. Donc pour changer, le trajet me prend beaucoup plus de temps que ce que je supposais; la nuit et le froid me surprennent bien avant la frontiere. Ca devient une habitude, mais faut reconnaitre que geler la nuit sur une autouroute, ca a un perdu l'attrait de la nouveaute quelque part de l'autre cote du rideau de fer, donc je me vois beaucoup plus difficilement tenir jusqu'au matin. Aux alentours de 23h, je fais mon dernier arret polonais dans une station pour me rechauffer un peu et verifier le chemin. J'ai le choix entre deux routes sans vraiment d'indice sur laquelle sera la plus courte ou de meilleure qualite. Avant de partir, je vais regarder si l'hotel voisin de la station a des chambres libres, histoire de.
. . . Une fois sur la route j'y repense, un peu decu de moi, sachant bien que c'est l'aveu involontaire que je ne crois plus vraiment pouvoir atteindre Vilnius dans la nuit. Enfin bon, je continue et decide de suivre les poids-lourds immatricules en Lituanie. Ce sera peut-etre pas le plus court chemin ni le plus tranquille, mais ca fait moins de risques de se perdre, il fait deja nuit noire.
. . . Donc sur cette route, menant a Kaunas, je guette la bifurcation vers Vilnius, normalement situee au niveau de Marijampole. Apres deux ou trois fausses alertes, je finis par la trouver et je m'arrete dans la premiere station venue. Il est pas loin d'une heure, je me suis resolu a dormir a Marie Jean-Paul, c'est pas tenable de continuer. Le pompiste, s'il confirme qu'il ya bien plusieurs hotels en ville, malgre sa bonne volonte, est assez evasif sur l'endroit ou je pourrai les trouver. Transi de froid, je n'ai aucune envie d'errer en quete d'un passant qui pourrait me renseigner; bon ben, ca devient une habitude, va pour le somme dans la station. C'est pas beaucoup plus confortable que la veille mais au moins je suis au chaud. Enfin faudra pas reediter trop souvent non plus...
. . . Le lendemain a l'aube, apres m'etre restaure d'un ecoeurant sandwich porc-mayonnaise (beaucoup de mayo), je reprends la route, entrant en ville. Je m'arrete deux minutes dans une eglise orthodoxe, suivant par curiosite les quelques fideles se hatant dans la fraicheur matinale. A la recherche de l'autoroute, pas trop aide par les panneaux, je suis contraint de demander a un passant, qui voyant que je suis etranger me propose d'expliquer en russe. Mon vocabulaire se limite a "Oui", "Non", "Bonjour", "Au revoir", "Merci", "Youri va au cinema", et "Je suis francais, je ne comprends pas le russe", mais je tente quand meme le coup, c'est toujours mieux qu'en lituanien. Un flot inintelligible s'abat sur moi mais je fixe mon attention sur les gestes (droite, gauche, tout ca) que fait mon interlocuteur. J'arrive a saisir a temps un "Vous comprenez?" auquel je reponds aussi sec d'un ehonte "Oui oui, je comprends" pour pouvoir continuer tranquillement a regarder les gesticulations.
. . . Evidemment ca ne suffit pas (au passage je me felicite de ne pas avoir tente de m'orienter dans ce patelin la nuit), je redemande, on me rerepond en russe, je
refixe mon attention sur les gestes. Je sens que je m'approche mais c'est toujours pas ca, me voila a demander encore un coup mais cette fois j'ai, o joie, droit a une reponse en allemand qui m'aiguille sur la bonne route.
. . . Le paysage s'est fait beaucoup plus forestier et sauvage, le temps est radieux et les routes encore peu encombrees. Je m'arrete quelques heures a Trakai, petit village lacustre, avec un chateau construit sur une des iles, la couvrant presque en entier. J'arrive enfin en debut d'apres-midi a Vilnius, ou je m'effondre d'un lourd sommeil jusqu'au soir.
. . . La vieille ville, doucement inclinee, est parcourue de rues pavees et parsemee d'eglises, catholiques ou orthodoxes, souvent tres differentes les unes des autres, il faut du temps pour les decouvrir toutes, je passe donc la journee a slalomer entre les hordes de touristes et les boutiques d'ambre de la Baltique, les deux autres specialites locales.
. . . Une fois sur la route j'y repense, un peu decu de moi, sachant bien que c'est l'aveu involontaire que je ne crois plus vraiment pouvoir atteindre Vilnius dans la nuit. Enfin bon, je continue et decide de suivre les poids-lourds immatricules en Lituanie. Ce sera peut-etre pas le plus court chemin ni le plus tranquille, mais ca fait moins de risques de se perdre, il fait deja nuit noire.
. . . Donc sur cette route, menant a Kaunas, je guette la bifurcation vers Vilnius, normalement situee au niveau de Marijampole. Apres deux ou trois fausses alertes, je finis par la trouver et je m'arrete dans la premiere station venue. Il est pas loin d'une heure, je me suis resolu a dormir a Marie Jean-Paul, c'est pas tenable de continuer. Le pompiste, s'il confirme qu'il ya bien plusieurs hotels en ville, malgre sa bonne volonte, est assez evasif sur l'endroit ou je pourrai les trouver. Transi de froid, je n'ai aucune envie d'errer en quete d'un passant qui pourrait me renseigner; bon ben, ca devient une habitude, va pour le somme dans la station. C'est pas beaucoup plus confortable que la veille mais au moins je suis au chaud. Enfin faudra pas reediter trop souvent non plus...
. . . Le lendemain a l'aube, apres m'etre restaure d'un ecoeurant sandwich porc-mayonnaise (beaucoup de mayo), je reprends la route, entrant en ville. Je m'arrete deux minutes dans une eglise orthodoxe, suivant par curiosite les quelques fideles se hatant dans la fraicheur matinale. A la recherche de l'autoroute, pas trop aide par les panneaux, je suis contraint de demander a un passant, qui voyant que je suis etranger me propose d'expliquer en russe. Mon vocabulaire se limite a "Oui", "Non", "Bonjour", "Au revoir", "Merci", "Youri va au cinema", et "Je suis francais, je ne comprends pas le russe", mais je tente quand meme le coup, c'est toujours mieux qu'en lituanien. Un flot inintelligible s'abat sur moi mais je fixe mon attention sur les gestes (droite, gauche, tout ca) que fait mon interlocuteur. J'arrive a saisir a temps un "Vous comprenez?" auquel je reponds aussi sec d'un ehonte "Oui oui, je comprends" pour pouvoir continuer tranquillement a regarder les gesticulations.
. . . Evidemment ca ne suffit pas (au passage je me felicite de ne pas avoir tente de m'orienter dans ce patelin la nuit), je redemande, on me rerepond en russe, je
. . . Le paysage s'est fait beaucoup plus forestier et sauvage, le temps est radieux et les routes encore peu encombrees. Je m'arrete quelques heures a Trakai, petit village lacustre, avec un chateau construit sur une des iles, la couvrant presque en entier. J'arrive enfin en debut d'apres-midi a Vilnius, ou je m'effondre d'un lourd sommeil jusqu'au soir.
. . . La vieille ville, doucement inclinee, est parcourue de rues pavees et parsemee d'eglises, catholiques ou orthodoxes, souvent tres differentes les unes des autres, il faut du temps pour les decouvrir toutes, je passe donc la journee a slalomer entre les hordes de touristes et les boutiques d'ambre de la Baltique, les deux autres specialites locales.
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