samedi 21 juin 2008

Vladimir et Souzdal - 5 400 km

. . . Pour echapper a Moscou, je decide d'aller visiter en train deux des villes de l'Anneau d'Or de Moscou (ainsi nomme parce que plein d'eglises et de monasteres) que j'aurais sinon visitees a moto. Le train me mene a Vladimir, ou je prends tout de suite un bus (une heure) vers Souzdal ou je compte passer la nuit. C'est donc ironiquement ici, dans un bus, avec la moto hors d'etat de continuer, que je fete le premier mois de voyage... Je fais un petit tour de la ville en arrivant, c'est vraiment pas grand (douze mille ames) et donne un peu l'impression d'une ville musee, avec des eglises a tout les coins de rue, presque plus que de maisons. Je finis par trouver l'hotel que je cherchais apres quelques errances: la seule adresse que j'avais etait "rue Lenine", or le rue Lenine, a Souzdal, c'est la grosse rue centrale sur laquelle quasiment toutes les autres rues de la ville debouchent. Pas de chance, l'hotel est plein a craquer pour des jours encore, et le receptionniste m'oriente vers celui qui a encore des places, le trois etoiles a 60 euros, je commence a avoir l'habitude, ils en ont un dans chaque patelin dans ce pays.

. . . Devant mon air depite, le type finit par me proposer pour grosso modo le prix de la chambre dans son hotel de me loger chez ses parents. Banco, je le suis vers la maison, ou le maman me recoit tout sourire, me montrant un tiers de dents en or, un tiers de dents normales et un tiers de vide. Avec ses bottes de jardin, son vieux gilet et ses cheveux teints en roux, elle ne paie pas de mine mais est plutot marrante. Comme je ne comprends rien a ce qu'elle raconte elle finit par passer a l'allemand, qu'elle a etudie a l'ecole. Elle comble les trous de son vocabulaire avec des mots de russe mais elle s'en sort de loin mieux que moi avec mes trois mots. Elle m'apporte meme un livre de photos des villes de l'Anneau d'Or et m'indique les endroits a voir dans Souzdal.

. . . Le soir, j'echoue dans un bar presque vide, petite salle voutee en sous-sol abritant trois autres clients. J'arrive pile au debut du match Russie-Pays-Bas, que j'avais completement oublie. Je dinerai donc de raviolis a la creme fraiche (limite plat national) et d'une biere devant le football. Au milieu du match, je me rends compte que j'ai sous mon sweat un t-shirt orange, j'aurai tout interet a pas trop le montrer si la Russie perd. Au bout d'une grosse heure, la serveuse vient me demander qui je soutiens, et comme je m'en fous assez royalement je reponds la Russie, ce qui me vaut la sympathie de tout le monde.

. . . Apres la victoire, le peu d'habitants que compte la ville se retrouve hurlant dans les rues, klaxonnant a qui mieux mieux et achetant des litres de biere pour feter ca. Sur le chemin du retour, je leve de temps en temps quelques poings victorieux pour repondre a ceux qui dont les cris de joie me sont le plus manifestement adresses. J'apprendrai plus tard qu'a Moscou, c'etait la folie furieuse.
. . . Je prends le lendemain le meme bus au retour, pour visiter Vladimir, beaucoup plus grande et moderne mais dont le vieux centre est interessant. La plus notable visite est une eglise construite en deux temps, une premiere au XIIe siecle, carree, pas tres grande, masi couverte de fresques a l'interieur et a l'exterieur. Au XIVe on construit une eglise plus grande par dessus et autour de la petite, en abattant les cloisons mais en conservant les piliers. L'interieur est donc beaucoup plus sombre et ferme que ce que l'exterieur laisse presager, une succession de petites niches plutot qu'un grand espace unique. Un peu la meme impression que Saint Basile a Moscou.

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